Gordon Murray S1 : dernier hommage à la Mclaren F1
Gordon Murray Special Vehicles dévoile à Monterey la nouvelle S1, une supercar qui réinterprète l’esprit de la S1 LM dans une version tournée vers le grand tourisme. Présentée au Quail, cette évolution se veut plus élégante, plus raffinée et plus utilisable au quotidien, tout en conservant l’ADN de pureté mécanique et de perfection de conduite qui caractérise les créations de Gordon Murray. Développée à partir de la plateforme de la S1 LM, la S1 s’en distingue par son caractère. Là où la LM célébrait l’héritage des 24 Heures du Mans 1995, la S1 reprend plutôt la philosophie de la Mclaren F1 de route et reprend ainsi la philosophie Murray, celle d’une supercar analogique capable d’offrir un plaisir intact sur de longues distances.
Cette orientation se traduit d’abord par une silhouette entièrement repensée. Bien que la S1 partage le langage stylistique de la LM, chaque panneau de carrosserie est inédit. Les éléments les plus extrêmes de la LM disparaissent au profit d’une ligne plus pure, inspirée des proportions de la Mclaren F1. Un nouveau système d’aéro active est intégré dans la carrosserie, ajustant automatiquement la stabilité à haute vitesse et le freinage. L’objectif n’est plus de générer un appui maximal, mais de privilégier le grip mécanique, l’équilibre et la confiance sur route. La S1 conserve la largeur, les voies et l’architecture de suspension légère de la LM, mais rehausse sa garde au sol de 10 mm et adopte un amortissement retravaillé pour offrir davantage de confort sans sacrifier la précision de direction, l’agilité et le retour d’information. Le design extérieur multiplie les clins d’œil à l’histoire de Gordon Murray. Les feux de jour sont intégrés dans le bloc optique, contrairement à la LM où ils formaient une lame séparée. Des projecteurs auxiliaires bas, logés dans l’entrée d’air avant, rappellent le concept Monaco 1992. Les rétroviseurs montés sur les montants A intègrent une caméra arrière discrète, tandis que de nouvelles jantes ultra‑légères s’inspirent elles aussi du show car de 1992. Le compartiment moteur met en scène le V12 comme une pièce maîtresse, avec un échappement en Inconel poli et un bouclier thermique plaqué or 24 carats.
L’habitacle poursuit cette évolution vers une interprétation plus luxueuse du cockpit central cher à Gordon Murray. La position de conduite centrale et la faible hauteur de scuttle sont conservées, mais l’environnement gagne en raffinement : cuir haut de gamme, tissus sur mesure, isolation acoustique renforcée, sièges plus confortables, système audio léger dédié et écrans d’infodivertissement revus. La S1 introduit également une direction assistée sélectionnable, permettant au conducteur d’adapter l’assistance selon qu’il privilégie la détente ou une connexion plus brute avec la route. Les nouvelles portes dièdres, dotées d’une vitre descendante intégrée, remplacent la fenêtre Lexan inspirée de la course sur la LM, facilitant l’accès et soulignant la vocation plus polyvalente de la voiture.
Au cœur de la S1 se trouve un V12 atmosphérique Cosworth de 4,2 litres, conçu spécifiquement pour ce modèle. Capable de monter à 12 100 tr/min et de délivrer jusqu’à 690 ch, il reprend la lignée mécanique de la LM tout en offrant une plage de couple nettement plus large pour un usage routier. Il délivre 80 % de son couple dès 2 500 tr/min et environ 500 Nm à 7 000 tr/min, garantissant une réponse immédiate et une grande aisance en conduite rapide. Ce moteur à faible inertie intègre des composants issus de la compétition : pistons légers revêtus de carbure de silicium, soupapes et bielles en titane, lubrification par carter sec. Il est associé à une boîte manuelle à six rapports, dont la sixième est spécifiquement calibrée pour le touring. Une nouvelle géométrie de câbles de commande assure un ressenti de changement de rapport net et précis, fidèle à la philosophie Murray.
La S1 reste fidèle à l’obsession de légèreté du constructeur. Malgré un habitacle plus luxueux et une isolation renforcée, son poids cible demeure inférieur à celui de la T.50, grâce à des panneaux de carrosserie en carbone ultra‑légers, une suspension optimisée et une ingénierie minutieuse. L’ensemble donne naissance à une supercar analogue, exclusive, centrée sur le conducteur, mais plus élégante, plus raffinée et plus utilisable que la S1 LM. Produite à seulement 64 exemplaires, chaque S1 sera entièrement personnalisée par son propriétaire, dans la tradition des commissions Gordon Murray Special Vehicles.
Copyright photos ©Gordon Murray.