6 Heures de Monza 2026 - Antonio Fuoco et Hadrien David signent les pôles d’une finale du WEC haletante !
L’Autodromo Nazionale de Monza a offert un samedi de qualifications à la hauteur de sa légende. À la veille de la dernière manche du Championnat du monde d’endurance FIA 2026, les équipages se sont affrontés sur une piste humide puis progressivement séchante. Les essais libres s’étaient tous disputés sous la pluie, si bien qu’aucune équipe n’avait pu rouler dans le sec avant la séance qualificative. Réglages, instinct et sang-froid ont donc fait la différence.
Au terme de ce double exercice, Ferrari a trouvé sur ses terres le héros que ses tifosi attendaient, en la personne d’Antonio Fuoco. En LMGT3, le Français Hadrien David a décroché la pole pour le dernier départ de la Lexus RC F dans la discipline, au terme d’un final d’une intensité rare. Le départ de la course sera donné dimanche 8 novembre à 11h00, heure locale.
En hypercar, la Ferrari 499P a une fois de plus été la voiture à battre à domicile, comme elle l’avait déjà été à Imola en ouverture de saison. C’est Antonio Fuoco qui en a tiré le meilleur parti. L’Italien a dominé sans partage la première phase de la séance, avant de confirmer en Hyperpole, lors du shootout de dix minutes. Il signe ainsi la cinquième pole position de sa carrière en WEC, la première depuis dix-huit mois. Pour la 499P, il s’agit de la onzième pole dans le championnat et de la quatrième consécutive en Italie, Imola lui ayant souri trois saisons de suite.
L’ancien vainqueur des 24 Heures du Mans a pourtant dû puiser dans ses ressources, car la lutte a été bien plus serrée en Hyperpole que lors de la première manche. Le pilote de la Ferrari #50 a confié l’émotion particulière de décrocher cette pole chez lui, au volant d’une Ferrari. Il a salué la confiance placée dans les ingénieurs pour les réglages et a rappelé que la course serait longue, et qu’il faudrait garder calme et sang-froid. Avec ses équipiers Nicklas Nielsen et Miguel Molina, il visera dimanche une deuxième victoire dans une saison de défense du titre jusqu’ici largement compliquée pour la Scuderia.
La première ligne est complétée par la Genesis #19 de Mathieu Jaminet, à seulement 0,096 seconde du poleman. Le constructeur coréen, nouveau venu en endurance, confirme ainsi sa belle forme espagnole, puisqu’il s’agit d’un deuxième avant-poste consécutif en première ligne. Sa voiture sœur, en revanche, n’a pas atteint le top 10 malgré l’exploit de Mathys Jaubert à Barcelone.
La deuxième ligne sera partagée entre la Cadillac V-Series.R #38 d’Earl Bamber et la Ferrari #51 d’Antonio Giovinazzi, tous deux auteurs de tours convaincants. Théo Pourchaire s’est glissé au cinquième rang avec la Peugeot 9X8 #94, dans ce qui sera la dernière course de la voiture sous sa configuration actuelle. Son coéquipier Nick Cassidy, sur la #93, prendra le départ depuis la neuvième place.
Le contraste est saisissant du côté de Toyota. Aucune des deux TR010 Hybrid engagées dans la bataille du titre n’a franchi le cap de la première phase. Ryō Hirakawa et Kamui Kobayashi ont dû se contenter des quinzième et seizième places, devant la seule BMW M Hybrid V8 #15, aujourd’hui la meilleure des autres constructeurs au championnat.
En LMGT3, la catégorie reine des voitures de grand tourisme a offert son lot de rebondissements. La Lexus RC F disputera à Monza son ultime départ en WEC, et elle le fera depuis la pole position. Hadrien David, 22 ans, a maîtrisé des conditions mixtes pour offrir à l’Akkodis ASP Team la meilleure place sur la grille de l’#78. Le jeune Français, déjà poleman à Spa-Francorchamps cette saison, décroche ainsi sa deuxième pole en carrière, la quatrième pour la marque japonaise.
Le pilote a reconnu que les dernières courses avaient été difficiles pour l’équipe. La Lexus se montre toutefois redoutable par temps froid et sur les longues lignes droites, un profil qui convenait parfaitement à ce samedi. Il a aussi souligné que l’absence de roulage préalable dans le sec avait compliqué la mise au point, et que l’usure des pneumatiques serait le point faible du dimanche, même si le tracé italien se montre généralement peu exigeant sur ce plan. Avec Tom Van Rompuy et Esteban Masson, il espère transformer cette pole en victoire et conclure sur une note positive une saison où les ennuis ont souvent privé l’équipage de résultats, la deuxième place aux 24 Heures du Mans demeurant son seul trophée.
La pole semblait pourtant promise à Eduardo Barrichello. Le pilote brésilien de l’Aston Martin du Heart of Racing Team, au palmarès d’Hyperpole inégalé dans la catégorie depuis deux ans, avait signé un temps inférieur de presque une demi-seconde à celui de tous ses rivaux. Son tour lui a toutefois été retiré aussitôt pour un dépassement des limites de piste, et il a finalement été classé quatrième.
Cette annulation a propulsé en première ligne le leader du championnat, Jonny Edgar. Le pilote britannique de la Corvette #33 TF Sport n’a échoué qu’à 0,014 seconde de David, le deuxième plus petit écart de l’histoire de la catégorie. Il vise le titre de premier champion solo du WEC depuis plus d’une décennie. Ben Tuck place la meilleure Ford Mustang, celle de Proton Competition, en troisième position, soit quatre rangs devant Giammarco Levorato, sur la voiture sœur, qui jouait pourtant à domicile. La seconde Lexus et la seconde Aston Martin complètent le top 6.
Du côté des prétendants au titre, la situation est nette pour Edgar. Les deux seules voitures encore en mesure de l’empêcher d’être sacré, la Corvette #34 de Racing Team Turkey by TF et la Porsche #92 de The Bend Manthey, s’élanceront respectivement des dixième et onzième places. La BMW #69 de Team WRT, la seule autre concurrente encore mathématiquement en course pour le titre, a vu ses espoirs s’éteindre en se qualifiant seulement seizième.
Monza aura donc réuni, en une seule séance, plusieurs des fils narratifs de la saison. Ferrari retrouve la lumière au bon moment, avec une pole d’autant plus symbolique qu’elle a été signée par un pilote italien devant ses tifosi. Genesis confirme sa montée en puissance, tandis que Toyota et ses TR010 devront bâtir leur course de l’arrière de la grille. En LMGT3, la Lexus quitte la scène du WEC en pointe, et Jonny Edgar part dans la meilleure position pour s’offrir un titre historique. Reste à savoir ce que les six heures de course réserveront à ces acteurs de premier plan.