Mecum Auctions - Star de sa vente, une Ferrari 250 GT SWB California vendue aux Etats-Unis !
Tout le monde n‘avait d’yeux que pour elle. Habillée de son magnifique Rosso Cina, la Ferrari 250 GT California châssis 4137 GT était la star de la vente Indy 2026 de Mecum Auctions. Retour sur cette vente exceptionnelle.
La Ferrari 250 GT SWB California Spyder demeure l’une des plus belles automobiles de l’après‑guerre, un sommet d’élégance et de pureté mécanique qui n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction. Présentée au Salon de Genève 1960, elle associe la ligne dessinée par Pininfarina — encore Pinin Farina à l’époque — à l’exécution magistrale de Scaglietti. Jean Todt résumait parfaitement son aura en affirmant qu’elle était « la voiture de rêve de [sa] génération », une beauté dont l’énergie reste incomparable. Mais derrière cette silhouette devenue iconique se cache une machine profondément ancrée dans l’héritage sportif de Ferrari, dérivée directement de la 250 GT Berlinetta SWB, la GT de compétition dévoilée à Paris en 1959.
Reposant sur le châssis Tipo 539 et son empattement de 2 400 mm, la California SWB bénéficie d’un comportement nettement affûté : voie élargie, amortisseurs Koni réglables, freins à disques Dunlop aux quatre roues. Le V12 Colombo Tipo 168, porté à 2 953 cm³, adopte de nouvelles culasses et des soupapes plus larges, offrant 20 ch supplémentaires en configuration routière et jusqu’à 40 ch de plus en version compétition. Avec environ 1 000 kg sur la balance, la California SWB demeure aujourd’hui encore une voiture d’une vivacité étonnante, dont les performances s’accordent à la perfection avec la pureté de sa ligne.
La carrosserie, majoritairement en acier, conserve l’élégance du modèle LWB tout en affinant ses proportions. Les évolutions de fin 1961 introduisent les désignations Tipo 539/61 pour le châssis et 168/61 pour le moteur. Dès sa sortie, la California SWB devient un symbole de prestige, adoptée par les personnalités les plus en vue — de l’Aga Khan à James Coburn — et omniprésente sur les rivieras du monde entier. Sa production, selon les sources, varie entre 53 et 57 exemplaires, dont environ 37 dotés des phares carénés sous Perspex, configuration parmi les plus recherchées.
Le châssis 4137 GT occupe une place unique dans cette lignée : il s’agit du dernier exemplaire produit. Certifié Ferrari Classiche et accompagné d’un rapport de Marcel Massini, il figure parmi les rares California SWB à phares encastrés. Importé aux États‑Unis par Luigi Chinetti Motors, il est livré neuf à Charles Rezzaghi Motors à San Francisco. Restauré par Patrick Ottis à Berkeley, il conserve son châssis et sa carrosserie d’origine, sublimés par les trois ouïes latérales caractéristiques. Son V12 Colombo d’origine, équipé de trois Weber 36 DCS, est associé à une boîte manuelle à quatre rapports. L’ensemble repose sur des roues Borrani de 15 pouces chaussées de Pirelli radiaux.
Doté d’un historique de propriété connu depuis l’origine et passé entre les mains de collectionneurs de premier plan, 4137 GT a naturellement fréquenté les pelouses de concours les plus prestigieuses. Livré avec sa trousse à outils et ses manuels, il incarne aujourd’hui l’aboutissement absolu de la lignée California SWB : la dernière pièce d’une série mythique. Pas étonnant donc que cet exemplaire se soit âprement disputé lors de la vente Indy 2026 de Mecum Auctions. Avec un prix de vente de 18 150 000$, la voiture s’est adjugée pour environ 15 650 000€, un élément comparable à 2955 GT, vendue un mois plus tôt à Monaco.
Crédit photos ©Mecum Auctions