Une légende des 24 heures du Mans en vente chez Broad Arrow auctions !
La BMW M1 Groupe 5 occupe une place à part dans l’histoire du constructeur bavarois : un programme aussi bref qu’ambitieux, né dans l’espoir de défier Porsche sur son propre terrain : les 24 Heures du Mans. Dès le printemps 1981, la presse spécialisée s’enthousiasme pour les deux M1 développées par Sauber Motorsport, décrites comme les machines les plus techniquement fascinantes engagées aux 1000 km du Nürburgring. Nelson Piquet lui‑même, alors champion du monde de Formule 1, ne cache pas son admiration : la M1 Groupe 5 est, selon lui, bien supérieure à la Procar de Groupe 4, plus rapide de 15 à 20 secondes au tour et capable de viser la victoire. Ces deux voitures, construites de zéro par Sauber avec le soutien de BMW, demeurent les seules M1 jamais conçues spécifiquement pour le Groupe 5, un statut qui les place aujourd’hui dans une catégorie à part.
Le châssis 81.M1R.01, construit durant l’hiver 1980‑81, est l’un de ces deux prototypes. Sauber met à profit son expérience en Procar pour concevoir une machine profondément remaniée : châssis multitubulaire en acier de 100 kg seulement — contre 194 kg pour une Procar —, carrosserie en carbone plus aérodynamique, et allègement total de 150 kg. Le six‑cylindres M88/1, porté à plus de 470 chevaux, complète un ensemble pensé pour le Championnat du monde d’endurance. Le dossier qui accompagne la voiture contient les dessins techniques originaux, témoignant de l’ingénierie minutieuse déployée par Sauber, bien avant son entrée en Formule 1. La carrière sportive de 81.M1R.01 débute en mai 1981 aux 1000 km du Nürburgring, confiée à Marc Surer et Dieter Quester. Longtemps en lice pour le podium, elle se classe finalement 13ᵉ après la perte d’un tube d’échappement, tandis que sa sœur 81.M1R.02 remporte l’épreuve. Trois semaines plus tard, les deux M1 Sauber prennent le départ des 24 Heures du Mans, la n° 52 arborant les couleurs Würth et confiée à Surer, Quester et David Deacon. Dixième en qualifications, elle atteint près de 330 km/h dans les Hunaudières et boucle 207 tours avant d’abandonner dans la 20ᵉ heure, victime d’une succession de défaillances mécaniques. La seconde M1 Sauber, quant à elle, est détruite lors de l’épreuve suivante, faisant de 81.M1R.01 l’unique survivante des deux M1 Groupe 5.
La voiture fut vendue à la fin de la saison à Enzo Calderari, qui lui offre une victoire en championnat suisse à Dijon. Calderari la fait courir toute la saison, souvent sous les couleurs BMW Italia et Enny, jusqu’à la fin du Groupe 5. En 1985, la M1 passe entre les mains du pilote suisse Jürg Bächi, puis en 1988 chez Maximilian Conover, avant d’être acquise en 1989 par Jukka Mäkelä en Finlande, qui fait réviser le moteur M88/1‑507 chez Randlinger Motorenbau. En 1991, Peter Sauber lui‑même rachète la voiture, profondément attaché à ce châssis qui fut l’un des derniers sur lesquels il travailla personnellement. Il la conserve 23 ans dans le musée Sauber, jusqu’à sa vente en 2014 à son propriétaire actuel. Celui‑ci entreprend une restauration majeure de 209 000 €, supervisée par Peter Wiederkehr, membre de l’équipe Sauber d’origine. La voiture retrouve sa livrée Würth de 1981 et reçoit un bloc moteur de BMW 635CSi 1980, son moteur d’origine restant fourni avec l’auto. Elle est accompagnée d’un important lot de pièces : jantes BBS, éléments de carrosserie, échappement, pignons de boîte, et divers composants, certains à récupérer en Suisse.
Mise en vente par Broad Arrow Auctions lors de la vente de la Villa d’Este organisée ce dimanche 17 Mai, 81.M1R.01 est la seule M1 Groupe 5 construite par Sauber encore existante. Estimée entre 1 000 000 et 1 200 000€, la voiture est accompagnée d’une documentation exhaustive, de ses dessins de châssis et de son historique complet. Prête à retrouver la piste après homologation, elle représente un morceau majeur de l’histoire de BMW et de Sauber.
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