FIA WEC - Barcelone voit Toyota s'emparer du titre mondial, le titre constructeur sera adjugé à Monza !
Personne n’avait pourtant prévu les 6 Heures de Barcelone. Le conflit au Moyen-Orient ayant rendu impossible la tenue des 1812 km du Qatar et de la finale de Bahreïn, le WEC a donc ajouté en urgence une première visite au Circuit de Barcelona-Catalunya, où il n’était passé que pour un prologue en 2019. L’enjeu était à la hauteur de cette course improvisée. Toyota arrivait en favori, avec 23 points d’avance sur BMW, et pouvait être sacrée dès Barcelone. Il fallait donc aux rivaux, BMW et Ferrari en tête, un week-end parfait pour repousser l’échéance. En LMGT3 aussi, la saison se jouait à Barcelone, avec un titre loin d’être acquis.
Hypercars : une Toyota intouchable, des rivaux qui se sabordent
La course a débuté sur une piste détrempée, et le début fut très animé ! Genesis, qui avait signé la pole avec sa GMR-001 n°17 et placé une autre voiture troisième, semblait tenir son heure de gloire. Mais Dani Juncadella, au volant de la n°19, doubla Sébastien Buemi et André Lotterer dès le premier virage, avant de partir dans le gravier au virage 5. Buemi hérita de la tête, et il ne la lâcha presque plus. Les deux Genesis, en grande difficulté sur le mouillé, accumulèrent les sorties de piste et les pénalités, pour finir 11e et 16e.
Au volant de la Toyota n°8, Buemi, qui disputait sa 100e course en WEC, mena deux phases de safety car dans la première heure. La Toyota n°7, partie seulement 9e, remonta vite elle aussi. Nyck de Vries dépassa la Ferrari n°50 de Miguel Molina pour offrir un doublé aux Toyota dès les premières heures. BMW tenta alors un coup de poker. René Rast resta en piste pendant la neutralisation alors que tout le monde rentrait aux stands, avant d’être rappelé par le drapeau noir et orange pour des pressions de pneus insuffisantes, puis sanctionné de 20 secondes. Le pari tourna au fiasco, et BMW vit s’envoler ses espoirs de titre. La seconde BMW ne fit guère mieux et dut se contenter de la septième place après une pénalité et la dernière neutralisation.
La Toyota n°8 connut elle aussi un moment de flottement. Pénalisée de cinq secondes pour une infraction à la procédure de départ, elle vit Brendon Hartley ressortir derrière Mike Conway, mais le Néo-Zélandais, bien armé sur ses slicks alors que la piste séchait, le repassa quelques tours plus tard. Les Toyota prirent alors le large. Elles firent la course seules, une trentaine de secondes devant la Ferrari n°50, et ne furent plus inquiétées, même lorsqu’une safety car regroupa le peloton à la fin de la quatrième heure. Le suspense ne revint que sur la ligne : après avoir compté plus de dix secondes d’avance, la n°8 s’imposa finalement de 0,583 seconde devant sa sœur, dans une arrivée groupée.
La dernière marche du podium revint à la Ferrari n°50 d’Antonio Fuoco, Nicklas Nielsen et Miguel Molina. Partie 8e sur la grille, elle termina à 39 secondes des vainqueurs. La Cadillac n°38 de Jota prit la quatrième place grâce à un dernier arrêt très tardif, en résistant à la Ferrari privée n°83 de Robert Kubica.
LMGT3 : Manthey Porsche s’impose, le titre se jouera à Monza
La course des GT3 n’a pas été moins animée. La Porsche n°92 de Manthey, pilotée par Yasser Shahin, Riccardo Pera et Richard Lietz, mène dès la première heure et s’impose avec 4,750 secondes d’avance. Shahin avait posé les bases de la victoire dans un premier relais de grande classe, sous la pluie. C’est la septième équipe différente à gagner en sept courses, un record pour une classe GT du WEC sur une saison. Derrière, la lutte pour la deuxième place a duré jusqu’aux derniers tours. La McLaren n°10 de Garage 59 a dépassé la BMW n°69 de WRT à onze minutes de l’arrivée. La voiture britannique avait pourtant connu une course compliquée, avec une pénalité et une crevaison.
Le titre se jouera à Monza. Leader du championnat avec la Corvette n°33, Jonny Edgar a terminé 7e, mais conserve 18 points d’avance sur la n°92, avec la n°34 quatre points plus loin. Tout reste donc possible pour la dernière manche.
Toyota champion du monde des constructeurs
Au bout des six heures, l’essentiel est là. Avec ce doublé, Toyota Racing décroche son huitième titre mondial des constructeurs, dès sa première année sous ce nom et la saison de débuts de la TR010 Hybrid. Il s’agit de son huitième titre en 14 saisons de WEC. Le constructeur japonais a gagné quatre fois cette saison, dont les 24 Heures du Mans et les 6 Heures de Fuji, sa course à domicile. Le titre pilotes sera lui aussi une affaire interne. Ni BMW ni Ferrari ne peuvent désormais rattraper Toyota, et la n°8 compte 17 points d’avance sur ses coéquipiers. Le 8 novembre, à Monza, Buemi, Hartley et Hirakawa partiront en favoris pour un doublé historique, face à des coéquipiers qui n’ont rien à perdre.