Zoute : la vente en ligne de Broad Arrow, dernière ligne droite pour les enchères

La vente officielle du Zoute est derrière nous, mais Broad Arrow Auctions n’en a pas tout à fait terminé. Une vente en ligne, organisée en parallèle, se clôture aujourd’hui, mercredi 14 octobre 2026. Elle offre aux collectionneurs une seconde chance de se positionner sur des voitures de belle facture, et certaines d’entre elles suscitent déjà des enchères particulièrement disputées.

Pour les amateurs du cheval cabré, trois Ferrari se détachent : la 250 GTE, grand tourisme élégant des années 60, la 456 GT, l’une des plus belles GT à moteur V12 de la fin du siècle dernier, et la Testarossa Monospecchio, version la plus recherchée des premières années de production, reconnaissable à son unique rétroviseur. Chez Porsche, le contraste est saisissant. D’un côté, la 911 GT2 RS Weissach Package Clubsport, une machine brutale, taillée pour la performance. De l’autre, la 356 A 1600 Speedster, sublime, qui incarne l’élégance des débuts de la marque de Stuttgart. Mais la tête d’affiche de cette vente en ligne est sans conteste la Bentley Mulsanne Extended Wheelbase ayant appartenu à la reine Elizabeth II, un lot dont le pedigree royal sort de l’ordinaire.

Voici un tour d’horizon des lots les plus disputés, à quelques heures de la clôture.

LOT 115 | 1957 Aston Martin DB2/4 Mk III

Châssis : AM300/3/1394

Dernière évolution de la DB2/4, la Mark III se distingue par sa calandre élégamment redessinée et un tableau de bord remanié. Elle est aussi la première Aston Martin équipée de série de freins à disque à l’avant. Son six cylindres de 3,0 litres, retravaillé par Tadek Marek, développe 165 ch, ou 178 ch avec la double sortie d’échappement, pour une vitesse de pointe de 193 km/h. Cet exemplaire d’origine à conduite à gauche a été livré neuf en janvier 1958 à Mme S. Collier, de San Francisco. Il sortait d’usine en Moonbeam Grey sur cuir Connolly vert, avec la double sortie d’échappement en option, comme l’indique la copie numérique de son bon de livraison. Il a été acheté en 1999 chez Aston Martin Paris par M. Richard, qui l’a conservé vingt ans, jusqu’en 2019, date de son acquisition par l’actuel propriétaire. Peu utilisé dans les années 2000, il a bénéficié d’une restauration partielle entre 2012 et 2016, consacrée surtout à la mécanique. Plus de 40 000 € ont été investis dans le moteur, la suspension, les freins, la transmission et l’électricité. Moteur et boîte sont aux numéros concordants, comme le confirme une expertise de 2018. La peinture, vieille de plus de trente ans, appelle une remise en état complète de la carrosserie.

Estimation : 100 000 - 150 000 €

LOT 118 | 1985 Ferrari Testarossa Monospecchio

Châssis : ZFFTA17B000057789

Dévoilée au Salon de Paris en 1984, la Ferrari Testarossa a succédé à la 512 BBi avec un V12 à plat de 390 ch, pour une vitesse de pointe annoncée de 290 km/h. Elle n’était alors devancée que par la Lamborghini Countach. Cet exemplaire fait partie des premières voitures produites, avec le rétroviseur unique haut placé « Monospecchio » et les jantes à écrou central « Monodado », deux détails abandonnés par la suite, en 1986 et en 1988. Il a été vendu neuf en France en mai 1985, via Charles Pozzi, l’importateur officiel de Ferrari, au comte Paul de Senneville, compositeur et producteur prolifique qui a travaillé avec Claude François, Michel Polnareff et Dalida. En 2002, le grand-père de l’actuel propriétaire l’a acheté, et il est resté dans la famille depuis 24 ans. Il arbore sa combinaison d’origine, Rosso Corsa sur cuir noir, et affichait un peu moins de 85 000 km au moment de la rédaction du catalogue. Il est accompagné de son carnet d’entretien d’origine tamponné et de factures d’un montant supérieur à 25 000 € réglés en six ans auprès du spécialiste Fiorano Racing, en région parisienne. Les courroies de distribution ont été remplacées en novembre 2021 à 83 467 km et sont de nouveau à changer.

Estimation : 135 000 - 165 000 €

LOT 119 | 1995 Ferrari 456 GT

Châssis : ZFFSP44B000101133

Ferrari n’avait pas lancé de véritable GT à quatre places depuis la 365 GT4 2+2 de 1972 quand la 456 GT a été dévoilée au Salon de Paris, en octobre 1992. Elle reprend la formule éprouvée du V12 à quatre arbres à cames en position avant, entraînant les roues arrière par une boîte manuelle en position arrière. Sa carrosserie dessinée par Pininfarina, au long capot et aux lignes tendues, rappelle la mythique 365 GTB/4 « Daytona ». Son V12 de 5,5 litres développe 442 ch et 550 Nm, ce qui en fait une routière idéale pour traverser l’Europe à grande vitesse. D’après son carnet d’origine, cet exemplaire livré en Allemagne a été vendu neuf le 23 février 1995 par le concessionnaire officiel Tamsen GmbH, à Stuhr, à un membre de la famille Melitta, fabricant de filtres et de machines à café. Son carnet tamponné relève six passages chez Tamsen entre 1996 et 2003, dont un en 2003 à 63 621 km avec courroies et tendeurs neufs. Les courroies ont été renouvelées en 2009 par Modena Motorsport, à Langenfeld, puis en 2013 par Scuderia Schönberger, puis une révision à 106 342 km en 2022 chez le concessionnaire Maranello Motors de Cologne. Elle reste immatriculée en Allemagne. Elle arbore la teinte Verde Inglese avec un intérieur cuir Cuoio Ginevra à la patine honnête, surtout sur le siège conducteur. Elle affichait 115 014 km au moment de la rédaction du catalogue.

Estimation : 60 000 - 80 000 €

LOT 121 | 2016 Bentley Mulsanne Extended Wheelbase, ex-Reine Elizabeth II

Châssis : SCBAM83Y1HC002801

Fleuron de la gamme Bentley, la Mulsanne perpétue la tradition d’une fabrication largement artisanale à Crewe, avec son V8 de 6,8 litres et sa cabine allongée. Cet exemplaire a été immatriculé pour la première fois au nom de Bentley Motors Ltd., à Crewe, le 4 octobre 2016, et c’est l’une des deux seules Mulsanne Extended Wheelbase construites pour la Reine Elizabeth II. Préparée par le département Press & Special Vehicles de Bentley, elle reçoit un habitacle arrière en cuir Twine et Cumbrian Green, des placages en ronce de noyer et une épaisse moquette en laine d’agneau. Les armoiries royales étaient incrustées dans les baguettes, et l’accoudoir central avant laissait place à un plateau pour le sac Launer London de la Reine, deux détails retirés à la fin du service royal. Immatriculée DG66 OKM, elle apparaît sur de nombreuses photos d’engagements officiels. Elle est retournée chez Bentley quand une Mulsanne plus récente a été livrée à Sa Majesté, puis est restée sous sa garde jusqu’au décès de la Reine. Bentley a gardé la voiture plus récente dans sa flotte, ce qui fait de celle-ci la seule Mulsanne EWB de la Reine à entrer dans une collection privée, en mars 2024, comme « Certified Pre-Owned Bentley ». Entretenue depuis par Jack Barclay, elle a reçu trois prix en 2024, dont le Bentley Drivers Club Trophy au Concours of Elegance de Hampton Court Palace. Elle affichait environ 6 000 miles au moment de la rédaction du catalogue.

Estimation : 400 000 - 450 000 €

LOT 123 | 1974 Mercedes-Benz O 317 Porsche Renntransporter Tribute

Châssis : 317.240.10.005986

Pendant près de vingt ans, les prototypes de course les plus rapides et les plus titrés de Porsche n’ont rejoint les circuits qu’à bord d’un Renntransporter O 317 de Mercedes-Benz. En 1967, au moment de la présentation de la 910, Porsche a commandé un camion de course à la carrosserie sur mesure, rejoint les deux années suivantes par deux autres. Les trois ont transporté les 908, 917, 911 Carrera RSR, 935, 936 et 956, vainqueurs au Mans, à la Targa Florio et au Nürburgring, et sont restés en service jusqu’aux années 1980. Il n’en reste que deux d’origine. Selon ses plaques de châssis, cet O 317 a été envoyé à l’origine chez Staufen Fahrzeugwerke, à Eislingen, sous le numéro d’usine 48074. L’entreprise est surtout connue pour le bureau mobile Betreuungswagen de l’ADAC de 1962. Il a été restauré à la demande d’un pilote qui rêvait d’un transport d’époque pour sa Porsche 911 de 1965 homologuée FIA. À partir d’un autocar déjà restauré et en état de marche, de nouveaux panneaux en aluminium ont été posés, puis il a été peint dans les premières couleurs de Porsche System Engineering, bordeaux et argent. La cabine reçoit deux sièges à ressorts, des instruments Kienzle et un chauffage Eberspächer. À l’arrière, la zone de transport est en gris clair avec un plancher en tôle larmée. Son six cylindres diesel de 10,8 litres, 210 ch et 706 Nm, a aussi été révisé.

Estimation : 500 000 - 700 000 €

LOT 126 | 2018 Porsche 911 GT2 RS Weissach Package Clubsport

Châssis : WP0ZZZ99ZJS180384

Porsche a choisi le Festival de vitesse de Goodwood 2017 pour dévoiler la GT2 RS, présentée comme la 911 de route la plus rapide et la plus puissante de l’histoire. Bâtie sur la plateforme 991.2, cette propulsion de 700 ch a battu les records de voitures de série au Nürburgring en 6 min 47,3 s, soit dix secondes de moins que l’hypercar 918 Spyder. Cet exemplaire de 2018 pousse le concept à l’extrême avec le Weissach Package, qui allège la voiture, associé au Clubsport Package, orienté circuit, qui ajoute des harnais six points, un extincteur et la préparation d’un coupe-circuit. Il arbore la teinte White (C9A) avec des touches de carbone noir et des jantes à écrou central en magnésium noir. Il reçoit aussi le réservoir de 90 litres, l’élévateur d’essieu avant, un arceau en titane Weissach, la chaîne BOSE, des baquets de type 918 Spyder et du carbone supplémentaire, selon sa fiche d’options numérique. Son carnet de garantie tamponné indique une remise à son premier propriétaire à l’usine le 24 avril 2018. Il a ensuite été entretenu chez Sportwagen Zentrum Inntal, la dernière révision datant d’août 2025 chez Centro Porsche Bolzano, à 43 124 km. Il affichait 45 353 km au moment de la rédaction du catalogue.

Estimation : 375 000 - 425 000 €

LOT 131 | 1961 Ferrari 250 GTE

Châssis : 2817 GT

Présentée en prototype aux 24 Heures du Mans 1960, la 250 GTE a été dévoilée dans sa forme définitive au Salon de Paris en octobre de la même année. C’est la première Ferrari produite en série pour quatre occupants, avec un V12 de 3,0 litres de 240 ch placé 20 cm plus en avant et une carrosserie Pininfarina. Prévue à l’origine en Bianco Ermellino sur sellerie Franzi Blu Scuro, cette voiture est sortie d’usine le 1er août 1961 en Blu Sera sur cuir Connolly beige, après une visite du client chez Pininfarina qui avait demandé des changements. Elle reçoit en option des bas de caisse en acier inoxydable et des angles chromés. Vendue par le concessionnaire Gastone Crepaldi Automobili, à Milan, à Agostino Mereghetti, elle remplaçait sa 250 GT de 1959. En 1968, le concessionnaire Dino Armando Genghini l’a exportée aux États-Unis, où elle a changé plusieurs fois de mains et reçu le moteur d’une autre 250 GTE, frappé « 2817 GT ». Revenue en Italie en 1991, elle a été restaurée par la Carrozzeria Giovanni Giodanengo, à Cuneo, vendue en 1995 à une société de Turin, puis rafraîchie et repeinte à Cuneo en 2006. En 2011, elle a rejoint la France, où elle a été proposée aux enchères à Paris, avant d’arriver chez ses propriétaires actuels, dans le nord du pays. MB Motors, à Kortrijk, a réalisé une révision majeure pour son contrôle technique français. Des expertises de 2013 et 2022, un rapport de Marcel Massini et des copies de ses fiches d’usine complètent le dossier.

Estimation : 250 000 - 350 000 €

LOT 132 | 1957 Porsche 356 A 1600 Speedster

Châssis : 83217

Le succès du Speedster est souvent attribué à l’importateur Max Hoffman, mais l’idée d’une 356 dépouillée et prête pour la piste vient de John von Neumann, son homologue de la côte ouest. Reconnaissable à son pare-brise bas enveloppant, c’est la moins chère et la plus sportive des Porsche de l’époque, conçue pour concurrencer les roadsters britanniques. Avec la 356 A de 1956, il reçoit le nouveau 1,6 litre de 60 ch. D’après son Kardex d’origine, cet exemplaire a été acheté au printemps 1957 par le premier lieutenant américain Richard W. Savage, alors en poste en Allemagne, et livré par Autohaus Kahrmann, à Fulda. Il sortait d’usine en White (603) sur similicuir rouge, avec des phares américains à faisceau scellé et un moteur 1600. Bien que son premier propriétaire fût américain, il n’aurait probablement jamais quitté l’Europe et il est immatriculé en Italie depuis 1987. Il a fait l’objet d’une ancienne restauration et conserve sa teinte blanche d’origine ainsi que son moteur aux numéros concordants. L’habitacle présente des baquets en tissu noir, un tapis anthracite et une capote noire avec ses rideaux latéraux.

Estimation : 250 000 - 275 000 €

Plus d’informations sur le site internet de Broad Arrow Auctions.

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