BMW en pôle position des 24 heures du Mans 2026 !

La soirée d’Hyperpole de ce jeudi 11 juin a offert un condensé de tension et de rebondissements comme le sport automobile sait nous en offrir. Dans les trois catégories engagées – Hypercar, LMP2 et LMGT3 – chacune a été marquée par de nombreux coups de théâtres aussi beaux que cruels en fonction du camp dans lequel on se situe. Si les performances pures ont dessiné une hiérarchie, les pénalités et incidents ont aussitôt redistribué les cartes, rappelant que l’Hyperpole n’est jamais un simple concours de vitesse.

En Hypercar, BMW M Team WRT a signé une soirée historique. Dries Vanthoor, chargé de conclure le travail entamé par Kevin Magnussen en qualifications puis poursuivi par Raffaele Marciello en Hyperpole 1, a imposé la BMW M Hybrid V8 n°15 au sommet grâce à un tour en 3’22’’956. La marque allemande, déjà impressionnante lors des séances précédentes, a trouvé dans ce nouveau format – où chaque pilote doit prendre le volant pour accéder à l’ultime session – un terrain idéal pour exprimer la cohésion de son trio. Pourtant, la bataille fut loin d’être sereine. Dans les dernières minutes, Jack Aitken, au volant de la Cadillac n°38, arrachait la pole provisoire pour cinq millièmes, un souffle, avant de voir son temps annulé pour non‑respect de la procédure de départ depuis la voie des stands. Ce coup de théâtre a non seulement rendu à BMW une première place méritée, mais il a aussi bouleversé la première ligne, isolant la Cadillac n°12 en position de chasse alors que la n°38, pourtant la plus rapide en piste, se retrouve reléguée. La grille de samedi portera donc la marque de cette sanction, preuve que la moindre erreur administrative peut peser aussi lourd qu’une faute de pilotage.

Derrière ces duels au sommet, d’autres histoires ont animé la catégorie reine. Genesis, pour sa première participation, a confirmé son potentiel en plaçant ses deux prototypes en Hyperpole 2, malgré un problème technique privant Mathys Jaubert d’informations au volant en H1. Alpine, Cadillac et BMW ont tour à tour mené les différentes séances de la semaine, signe d’une absence totale de hiérarchie avant cette soirée décisive. Quant à Toyota, la surprise fut rude : les deux GR010 Hybrid partiront en fond de peloton Hypercar, une situation inattendue pour une équipe cinq fois victorieuse au Mans et déjà gagnante cette saison.

La tension n’a pas été moindre en LMP2, première catégorie à s’élancer dans l’arène. Les prototypes Oreca 07, tous engagés dans cette classe, ont offert une lutte dense où chaque tour semblait pouvoir redessiner le classement. United Autosports, pourtant habituée aux avant‑postes, a été recalée dès l’Hyperpole 1, tandis qu’Inter Europol Competition, forte de deux victoires au Mans, a montré une solidité impressionnante. Tom Dillmann signait d’ailleurs le meilleur temps de la première séance. Mais c’est Esteban Masson, au volant de l’Oreca n°29 de Forestier Racing by Panis, qui a fait basculer la catégorie en H2. À 21 ans, déjà deuxième l’an passé, il a dominé ses adversaires avec un tour en 3’32’’855, devançant Job Van Uitert et Jack Doohan.

En LMGT3 enfin, l’Hyperpole a offert un scénario digne des plus grandes éditions. Mattia Drudi, déjà poleman en 2025, a dû s’y reprendre à deux fois pour offrir à l’Aston Martin Vantage AMR n°27 du Heart of Racing une nouvelle première place. Son premier tour, pourtant rapide, a été annulé pour non‑respect des limites de piste. L’Italien, imperturbable, a répliqué avec un 3’52’’433 qui a scellé la pole et déclenché l’émotion de son ingénieur à la radio. Cette catégorie, où sept marques pouvaient prétendre à l’Hyperpole, a confirmé l’extrême densité du plateau : Ferrari, Lexus, BMW, Aston Martin et Ford avaient tous mené au moins une séance dans la semaine. Les pénalités et tours annulés ont joué un rôle déterminant, redistribuant les positions au fil des minutes et modifiant la physionomie de la grille. Mercedes, en revanche, a été écartée dès l’H1, ses deux voitures terminant hors du top 10.

Au terme de cette soirée haletante, les grilles de départ des trois catégories portent la marque des performances pures, mais aussi des erreurs, des sanctions et des limites de piste franchies d’un souffle. L’Hyperpole 2026 a rappelé que Le Mans ne pardonne rien, même avant le départ. Samedi, à 16 heures, lorsque les 62 voitures s’élanceront sous les ordres de Mark Cavendish, les positions figées ce jeudi soir seront rapidement remises en cause et devraient nous réserver une course haletante et indécise !

Maxime LEDUC