Bonhams - Des résultats prometteurs en marge du GP du Zoute 2026 !
Après Broad Arrow Auctions, c’est au tour de Bonhams de présenter sa vente du Zoute, avec un catalogue résolument tourné vers les voitures des années 50 à 70. Une sélection de voitures qui ont marqué l’histoire, pour les amateurs de lignes et de sensations mécaniques plus que de chiffres de performance. Tête d’affiche de la vente, la Lamborghini Miura incarne à elle seule la naissance de la supercar moderne. Elle était accompagnée de deux superbes Mercedes-Benz 300 SL, icônes des années 50, et d’une BMW M1, seule supercar de la marque à moteur central, qui complète un plateau d’exception.
Parmi les raretés du catalogue, notre sélection personnelle nous a mené vers une superbe Aston Martin DB6 Shooting Brake. Très originale, mais néanmoins superbe, cette interprétation atypique de la grand tourisme britannique sortait du lot par son caractère.
Retour sur cette vente, lot par lot, avec les résultats et les enseignements pour le marché.
LOT 112 | 1961 Ferrari 250 GTE 2+2
Châssis : 2801
Sortie de l’usine de Maranello en septembre 1961, cette 250 GTE 2+2 de Série I a été livrée neuve en Italie dans une élégante combinaison Marrone métallisé et intérieur Crema, avant d’être immatriculée dans le pays en 1962. Elle part ensuite aux États-Unis, où elle rejoint une collection privée. En 1990, avec environ 62 000 km au compteur, elle revient en Italie grâce à Massimo Ferragamo, membre de la célèbre famille florentine à l’origine de la maison Salvatore Ferragamo, qui en fait importer l’exemplaire avec certificat d’importation italien. Restaurée en Italie, probablement durant cette période, elle abandonne sa teinte d’origine pour sa robe actuelle, rouge avec intérieur beige, une association devenue emblématique chez les Ferrari anciennes. Immatriculée en Belgique en décembre 2001 par son propriétaire actuel, elle a toujours été utilisée comme une vraie grande routière et a participé au Tour Auto 2003. Environ 150 000 € ont été consacrés à son entretien depuis 2001, et un dossier de 35 pages de factures, ainsi que les documents belges et le Car Pass, accompagne la voiture. Châssis et moteur portent le même numéro, 2801.
Estimée 240 000 - 275 000€ / Vendue 207 000€
LOT 118 | 1958 Lancia Appia GT Zagato
Châssis : 81201*1425
Terminée le 5 avril 1958, cette Lancia Appia GT habillée par Zagato compte parmi les variantes les plus rares et les plus recherchées de la petite Lancia dessinée par Vittorio Jano. Sa carrosserie en aluminium, avec ses ailes avant en forme de nacelles, sa prise d’air centrale façon avion de chasse et ses petits ailerons arrière, évoque l’aéronautique des années 1950. Livrée neuve en Italie, elle est immatriculée une première fois à Catane le 27 septembre 1958, avant de passer à un habitant de Livourne en 1962, puis à un résident de Grosseto en 1977, qui la conserve jusqu’en 2010, date à laquelle elle rejoint Sienne. Son propriétaire belge actuel l’acquiert en mars 2018. Elle a conservé son moteur d’origine et ses principaux organes mécaniques, ce qui en fait un exemplaire à numéros concordants. Elle porte toujours sa teinte d’origine, Argento Auteuil (gris argent métallisé), avec un intérieur rouge et crème. Une restauration ancienne, réalisée en 2005-2006 et très bien documentée en photos, a bien vieilli. La voiture est présentée en état de marche, mais le système de freinage demande une remise en état avant tout usage routier. Elle est accompagnée d’un dossier très complet : libretto italien d’origine, certificat d’origine Lancia, extrait du Centro Storico FIAT et certificat d’identité ASI. Elle a participé cette année au Concours d’Elegance d’Anvers.
Estimée 170 000 - 190 000€ / Vendue 79 350€
LOT 120 | 1966 Citroën DS21 Cabriolet
Châssis : 4376059
Commandée par Citroën à Henri Chapron à la mi-juillet 1966, cette DS 21 Cabriolet « De Série » est le cinquième cabriolet du millésime 1967 et le 1 044e cabriolet construit par Chapron sur base DS ou ID. La plateforme arrive chez Chapron à Levallois-Perret le 22 juillet 1966, et la voiture, portant le numéro de production 9044, est habillée en Gris nacré (AC 113) avec intérieur cuir noir et capote en coton noir. Livrée à l’usine Citroën de Javel le 22 septembre 1966 pour son contrôle final, elle est exposée sur le stand Citroën du Salon de Paris du 6 au 16 octobre 1966, où elle est photographiée aux côtés du général de Gaulle. Vendue par Citroën, elle réapparaît en Suisse en 2006, où l’atelier Othello la restaure en profondeur. Elle participe ensuite à plusieurs rassemblements, dont le Bob Neyret Meeting à Grenoble en 2007. Un second propriétaire suisse l’acquiert en 2013, puis la cède en 2018 à son dernier propriétaire, qui la rapatrie en France où elle est immatriculée en véhicule de collection. Elle rejoint alors la collection d’un passionné aujourd’hui disparu, qui la conserve sous abri dans un garage chauffé. Entretenue par le spécialiste Jean-Louis Publier, elle présente une restauration vieille d’une vingtaine d’années qui ne trahit pas son âge. Elle est accompagnée de son certificat Chapron et de sa carte grise française.
Estimée 170 000 - 200 000€ / Vendue 172 500€
LOT 126 | 1992 Porsche 911 Carrera RS
Châssis : WP0ZZZ96ZNS490836
Livrée le 18 janvier 1992 chez Porsche Padova, en Italie, et immatriculée dans le pays le 28 avril 1992, cette 911 Carrera RS (Type 964) incarne la version allégée et radicale de la 911, dérivée de la Carrera Cup et vendue en Europe uniquement. Elle sort d’usine dans la teinte recherchée Amethyst Metallic (F9), avec sièges baquets Recaro en cuir à inserts tricolores et son moteur M64/03, le 3,6 litres atmosphérique de 260 ch développé exclusivement pour la RS. Les codes inscrits dans son carnet d’entretien confirment cette configuration. Après un passage par un propriétaire italien en 2013, elle est immatriculée en Allemagne en juin 2014 par un collectionneur, avec un kilométrage de 62 330 km relevé par le TÜV Süd. Elle est importée en Suisse le 14 juillet 2014 et immatriculée dans le canton de Saint-Gall en 2017. Elle rejoint ensuite la collection des frères Keller, dont elle est la voiture la plus utilisée, ce qui n’a pourtant ajouté que quelques centaines de kilomètres : son compteur affiche 62 515 km au moment de la rédaction du catalogue. Présentée dans un bel état, avec un intérieur d’origine et une peinture partiellement refaite, elle est accompagnée de ses manuels en italien, de sa trousse à outils, de sa roue de secours et de factures d’entretien. Une révision complète est conseillée avant de reprendre la route.
Estimée 180 000 - 220 000€ / Vendue 195 500€
LOT 128 | 1967 Maserati Ghibli 4.7L
Châssis : AM115*372
Dessinée chez Ghia par Giorgetto Giugiaro et présentée au Salon de Turin en novembre 1966, la Ghibli compte parmi les plus belles voitures des années 1960. Cet exemplaire de 1967 reçoit le V8 quadri-arbres de 4,7 litres de Maserati, un moteur dérivé de celui de la 450S, qui propulse ce grand coupé à près de 275 km/h. Entre 1999 et 2003, la voiture fait l’objet d’une restauration de la carrosserie réalisée par European Classic and Sports Cars, à Richmond, en Virginie : démontage de la majeure partie de l’auto, réparations de corrosion, soudures, ponçage, préparation et remise en peinture, puis remontage. Elle ressort jaune avec un intérieur noir. Elle est ensuite importée en Allemagne et immatriculée au nom d’un habitant de Hanovre. Elle rejoint plus tard la collection des frères Keller, en Suisse, où elle roule peu et reste en exposition statique depuis près de sept ans. Certifiée Maserati Classiche, elle est accompagnée du coffret Classiche complet, des factures de restauration, d’anciens rapports du TÜV, de ses documents d’immatriculation allemands annulés et de la preuve du paiement des taxes suisses. Le mécanicien du catalogue l’a fait démarrer, mais une remise en route mécanique complète sera nécessaire avant de reprendre la route.
Estimée 90 000 - 130 000€ / Vendue 74 750€
LOT 130 | 1974 Ferrari Dino 246 GT
Châssis : 07588
Fabriquée à la toute fin de la carrière du modèle, cette Dino 246 GT est l’une des dernières « E-Series », la série finale qui reprend tous les perfectionnements des précédentes. Livrée neuve en Italie, elle est immatriculée le 7 juin 1974 sous le numéro CZ 150307 au nom d’un habitant de Crotone, qui la conserve jusqu’en 2014, soit quarante ans d’un seul et même propriétaire. Il la cède cette année-là et elle est exportée vers les Pays-Bas, comme l’attestent une déclaration datée du 1er juillet 2014 et un document de cessation de circulation du 14 juillet. Elle entre en Suisse le 11 février 2015 et rejoint la collection des frères Keller, où elle est restée depuis. Une abondante documentation photographique retrace sa restauration complète jusqu’à la tôle nue, probablement réalisée en Italie. Ces clichés montrent qu’elle était déjà rouge avant son démontage, avec un intérieur en vinyle noir, une configuration qu’elle présente toujours aujourd’hui. Le coupé, dessiné par Pininfarina et animé par le V6 quadri-arbres de 2,4 litres, présente bien et fonctionne malgré de longues années de stockage statique. Une remise en route complète sera cependant nécessaire avant de reprendre la route.
Estimée 240 000 - 280 000€ / Vendue 322 000€
LOT 131 | 1970 Lamborghini Miura P400S
Châssis : 4578
Livrée neuve le 30 mai 1970 à l’agent suisse Garage Foitek, à Zurich, cette Miura P400S fait partie des quelque 114 exemplaires tardifs équipés de disques de frein ventilés, construits avant l’arrivée de la SV en 1971, sur un total de 338 P400S. Les archives de l’usine la mentionnent en blanc avec intérieur noir, mais les dossiers de Bertone, d’Ubaldo Sgarzi et du pilote d’usine Enzo Moruzzi indiquent une livraison en Arancio Miura avec cuir noir, ce qui est probablement sa teinte d’origine. Une facture, vraisemblablement d’époque, est établie le 2 juillet 1970 au nom du baron Emmanuel « Toulo » de Graffenried, ancien pilote devenu concessionnaire à Lausanne, pour 54 500 CHF. Entre 1985 et 1995, la voiture appartient à un résident de Zurich, puis elle est vendue fin 2014 ou début 2015 par le Martini Garage, en Allemagne, à son propriétaire actuel, qui la conserve depuis plus de dix ans. Une inspection menée en décembre 2014 par le pilote d’essai Valentino Balboni figure au dossier. Repeinte en jaune Giallo il y a quelques années, elle conserve son moteur et sa carrosserie d’origine ainsi que son intérieur patiné, confirmé comme d’époque par Balboni. Restée longtemps en exposition statique, elle a été démarrée avant la vente mais nécessitera une remise en route mécanique.
Estimée 1 600 000 - 2 000 000€ / Vendue 1 725 000€
LOT 132 | 1989 Lamborghini Countach 25th Anniversary
Châssis : ZA9C005A0KLA12782
Présentée en septembre 1988 au Grand Prix d’Italie à Monza pour fêter les 25 ans de Lamborghini, la Countach Anniversario représente l’ultime évolution de la supercar de Sant’Agata. Retouchée par Horacio Pagani, avec une nouvelle face avant, des prises d’air latérales redessinées et un châssis mis au point avec l’aide du triple champion du monde des rallyes Sandro Munari, elle fut finalement produite à 657 exemplaires entre septembre 1988 et avril 1990, devenant la Lamborghini la plus vendue avant l’arrivée de la Diablo. Cet exemplaire, équipé du V12 de 5 167 cm3 et de 455 ch, est immatriculé pour la première fois le 22 septembre 1989. Importé d’Italie en Allemagne comme véhicule d’occasion, il est immatriculé à Berlin en mars 2001, puis passe en avril 2003 à un habitant de Zeitlofs. Un rapport DEKRA de 2007 relève 23 055 km et confirme qu’il passe son contrôle sans défaut. Le dernier propriétaire allemand l’a peut-être conservé jusqu’en 2014, année de son importation en Suisse, le 9 octobre. La voiture est depuis restée en exposition statique au sein de la collection des frères Keller et affiche aujourd’hui 23 084 km. Son moteur est actuellement hors service : elle nécessitera une remise en état mécanique complète, voire une restauration plus poussée, et sera vendue en l’état. Elle conserve ses documents de garantie d’origine, son carnet d’entretien et le manuel de l’autoradio Alpine.
Estimée 400 000 - 500 000€ / Vendue 517 500€
LOT 133 | 1977 Ferrari 512 BB
Châssis : 20961
Cette 512 BB, l’une des 929 construites par Ferrari, succède à la 365 GT/4 BB avec un V12 à plat de 5 litres à carter sec, plus souple et plus couple que son aînée, pour une vitesse de pointe annoncée de 302 km/h. Livrée neuve en Espagne, elle est immatriculée à Barcelone le 4 juillet 1977 sous le numéro B-8465-CJ, après un certificat technique délivré en juin 1977 par la Délégation provinciale de l’Industrie. Son premier propriétaire est une société immobilière installée à Tarrasa, dans la banlieue de Barcelone, et le dossier conserve ces documents espagnols d’origine. La voiture passe ensuite par l’Allemagne, où une fiche TÜV est établie en janvier 2015, puis entre en Suisse le 9 janvier 2015. Elle rejoint à cette période la collection des frères Keller, qui la conservent depuis 2014 ou 2015 et l’ont peu utilisée, avant une longue période d’exposition statique. Présentée en bel état et jugée très originale par les spécialistes de la vente, elle n’a pas été démarrée depuis longtemps et nécessitera une remise en route complète, avec remplacement des courroies de distribution et des pneus. Elle est livrée avec sa trousse à outils d’origine.
Estimée 130 000 - 160 000€ / Vendue 189 750€
LOT 134 | 1969 Maserati Ghibli 4.7L
Châssis : AM115*1220
Dessinée par Giorgetto Giugiaro chez Ghia et présentée au Salon de Turin en 1966, la Maserati Ghibli succède à la 3500 GT et prend le nom d’un vent chaud du Sahara. Giugiaro la considérait comme son chef-d’œuvre, et elle a été immortalisée au cinéma dans La Piscine (1969), avec Alain Delon au volant. Cet exemplaire de 1969 est animé par le V8 quadri-arbres de 4 719 cm3, alimenté par quatre carburateurs Weber double corps, qui développe 310 ch et lui permet d’atteindre 265 km/h. Le certificat Maserati Classiche qui l’accompagne atteste qu’il était à l’origine peint en Oro Longchamp avec un intérieur en cuir blanc, alors qu’il est aujourd’hui gris avec un intérieur noir. La carrosserie a été entièrement remise à nu et repeinte en Suisse en 2010, puis la mécanique a été révisée en 2011 par Autodeluxe GmbH, à Schlieren, pour un montant de 6 787 CHF de factures. Entrée dans la collection des frères Keller, la voiture a été peu utilisée et conservée en exposition statique depuis au moins sept ans. Le mécanicien de Bonhams a pu la démarrer et le moteur tourne, mais une remise en route supplémentaire sera nécessaire avant de reprendre la route. Elle est livrée avec des photos de la restauration, une copie du manuel d’utilisation, son cric d’origine et sa carte grise suisse annulée.
Estimée 80 000 - 120 000€ / Vendue 86 250€
LOT 137 | 1997 Ferrari F355 Spider
Châssis : ZFFXR48B000109457
Cet exemplaire est livré neuf à son premier propriétaire de Hambourg, par l’intermédiaire du concessionnaire Ferrari local Satzer Granturismo, le 14 août 1997. Il est équipé de la boîte manuelle à six rapports, désormais très recherchée, et arbore la combinaison rare et séduisante de Giallo Fly avec un intérieur en cuir noir. Il affiche environ 44 000 km depuis l’origine, et son carnet d’entretien d’origine consigne les révisions successives réalisées au fil des kilomètres, jusqu’à 43 341 km. Plus récemment, la voiture a bénéficié d’une révision complète moteur déposé, avec courroies de distribution neuves, effectuée le 17 avril 2025 par le spécialiste Ferrari EDCO (Eddy Colanbeen), à Gand, en Belgique. La facture détaillée, accompagnée de photos, s’élève à 7 695,98 €. Elle est livrée avec ses documents d’immatriculation allemands, son carnet d’entretien d’origine, la facture de la révision et son manuel du propriétaire.
Estimée 145 000 - 165 000€ - Vendue 159 850€
LOT 139 | 1979 BMW M1
Châssis : WBS59910004301146
Conçue pour permettre à BMW de défier Porsche en compétition, la M1 est la seule supercar de série de la marque : avec 453 exemplaires construits au total, dont 399 destinés à la route, elle n’a jamais été pensée pour la grande série. Dessinée par Giorgetto Giugiaro, avec une carrosserie en fibre de verre, un châssis multitubulaire et un six cylindres en ligne de 3,5 litres à quatre soupapes par cylindre développant 273 ch, elle atteignait 260 km/h. Construite en 1979 et livrée neuve en Allemagne, cette M1 est rouge avec un intérieur contrastant en cuir et tissu noirs. Elle a précédemment appartenu au directeur d’une des plus prestigieuses maisons de haute joaillerie de la place Vendôme, avant de passer en 2010 à son propriétaire actuel, qui la possède donc depuis plus de quinze ans. Elle est immatriculée en France. Environ 50 000 € de factures d’entretien, de révisions et de pièces, remontant à 2010, figurent au dossier. À 24 468 km, le moteur a été entièrement restauré, photos et factures à l’appui, et l’embrayage a été remplacé par le service BMW à 30 610 km. Le compteur affichait 30 615 km lors de la rédaction du catalogue. Elle est accompagnée de ses documents d’immatriculation français, d’un rapport d’expert, des photos de la restauration du moteur et de l’ensemble des factures.
Estimée 450 000 - 550 000€ / Vendue 437 000€
LOT 141 | 1955 Mercedes-Benz 300 SL
Châssis : 198.040.55.00514
Présentée en 1954 à New York sous l’impulsion de l’importateur Max Hoffman, la 300 SL « Gullwing » doit ses portes papillon à son châssis tubulaire à longerons hauts, hérité de la voiture de course qui gagna Le Mans en 1952, et son six cylindres à injection directe de 215 ch en fait l’une des premières supercars de l’histoire. Cet exemplaire est livré neuf en Espagne en 1955, l’un des trois seulement exportés neufs dans ce pays. Il part ensuite pour le Venezuela dans les années 1970, puis pour les États-Unis, où une restauration complète est menée dans les années 1980. À cette occasion, il reçoit un moteur de 1957 et adopte sa livrée actuelle gris uni avec sellerie en cuir rouge. Revenu en Europe dans les années 1990, il reste dix-neuf ans chez un collectionneur allemand, puis passe en 2012 à un autre collectionneur allemand, et en 2016 à un collectionneur autrichien. Il appartient depuis 2023 à un collectionneur luxembourgeois, année où il subit une nouvelle restauration complète et documentée par PGAM, à Osnabrück, avec d’importants travaux de carrosserie. Sa configuration, notamment son moteur de 1957, doit être lue avec les documents fournis : justificatifs de restauration, copie du Fahrzeugbrief allemand de 2012, expertise autrichienne de mai 2016, carte d’identité FIVA et papiers luxembourgeois.
Estimée 1 300 000 - 1 500 000€ / Non-vendue
LOT 142 | 1967 Lamborghini 400 GT 2+2
Châssis : 01207
Première Lamborghini à quatre places, la 400 GT 2+2 a été produite à seulement 247 exemplaires entre 1966 et 1968. Celle-ci est facturée le 20 septembre 1967 par l’usine de Sant’Agata Bolognese à l’importateur suisse Garage Foitek AG, à Zurich, pour 5 000 000 de lires payables en espèces. Elle sort d’usine en Azzurro Fiat (bleu clair métallisé) avec intérieur cuir tabac, climatisation et radio. Foitek la facture dès le 22 septembre à un premier propriétaire zurichois, qui la garde peu de temps, ayant commandé une Espada, et elle passe en juin 1968 à un industriel suisse. Passionné de course, il l’avait préférée à une Aston Martin DB6 après avoir rencontré Karl Foitek au Salon de Genève, et il la conserve toute sa vie, jusqu’en 2022, soit plus de cinquante ans dans la famille, pour à peine 87 000 km. Entretenue sans relâche par Garage Foitek puis Garage Speich, elle n’a jamais nécessité de restauration et se présente aujourd’hui dans un état remarquablement original, avec ses numéros concordants. Son troisième propriétaire, en 2022, la confie à Traber, en Suisse, pour une grande révision, puis à René Große Restaurierungen, en Allemagne, qui répare le bas des portes en préservant la peinture nitro d’origine. Un expert italien a ensuite révisé l’embrayage et le moteur. Elle est accompagnée de ses factures d’origine, de son manuel, de sa carte de garantie et de sa déclaration de conformité.
Estimée 260 000 - 350 000€ / Non-vendue
LOT 145 | 1968 Ferrari Dino 206 GT
Châssis : 00150
Première Ferrari de route à moteur central, la Dino 206 GT est la seule Dino à carrosserie entièrement en aluminium et n’a été produite qu’à 152 exemplaires, ce qui en fait la Dino des connaisseurs. Cet exemplaire est le 28e construit. Livré neuf en Italie en novembre 1968 à Dino Ravasio & Figli, à Vérone, il sort d’usine dans la combinaison recherchée Rosso Chiaro Ferrari avec cuir Nero et inserts de sièges en tissu rouge, que confirme la correspondance avec le registre. Immatriculé à Rome en 1968, il conserve ses rares plaques noires italiennes « Roma F20552 ». Il est acheté en 1997 par un Romain, puis appartient en 2005 à un autre Italien. Sa chaîne de propriétaires n’est pas totalement établie, mais tous les détenteurs connus semblent avoir été des passionnés. Il est acquis en 2016 par son propriétaire belge actuel, qui l’a préservé avec soin dans le respect de son originalité. Son moteur et sa boîte portent les numéros d’origine. Un lettre Ferrari Classiche de 2016 confirme ses spécifications d’usine. Au cours de l’hiver 2023, une révision mécanique complète a porté sur le moteur, les carburateurs Weber, le refroidissement, les freins, l’alimentation en carburant et la suspension, représentant 38 heures de main-d’œuvre spécialisée. Il est accompagné de son manuel d’utilisation, d’une copie de son libretto italien, de photographies d’identification des numéros du moteur et de la boîte et des factures des travaux récents.
Estimée 500 000 - 550 000€ / Vendue 563 500€
LOT 149 | 1966 Aston Martin DB6 Shooting Brak
Châssis : DB6/2366/L
Variante extrêmement rare de la dernière des Aston Martin « David Brown » à six cylindres, cette DB6 a été transformée en shooting brake par le carrossier londonien FLM Panelcraft, dont la conception se voulait plus pratique, avec un toit rehaussé, un hayon à deux volets rabattables et des vitres latérales ouvrantes. Seulement trois exemplaires furent produits, et celui-ci est, selon le catalogue, le seul sur châssis à conduite à gauche, le premier ayant été acheté par le pilote Innes Ireland. Commandée par un certain M. Farrish, du Texas, en Pacific Blue avec intérieur cuir Connolly beige, climatisation Normalair, différentiel autobloquant et roues chromées, la voiture perd rapidement son premier propriétaire, puis réapparaît partiellement démontée aux Pays-Bas. Un collectionneur français l’acquiert et la fait restaurer jusqu’à la tôle nue, pendant quinze mois, par les spécialistes britanniques Spray Tec, à Wellingborough. Elle est annoncée en avril 1990 en vert anglais, mais en juillet de la même année elle porte déjà sa livrée vert clair actuelle. Présentée en concours à Goodwood, Bagatelle et Schwetzingen, elle est acquise en septembre 2006 par une importante collection privée européenne, puis très récemment par son vendeur actuel. Elle conserve son moteur d’origine et sa boîte manuelle ZF à cinq rapports. Elle est accompagnée de ses récompenses en concours, de son guide du propriétaire, de photos de la restauration, d’une copie de la feuille de montage d’Aston Martin et de ses papiers français et belges.
Estimée 500 000 - 600 000€ / Non-vendue
LOT 150 | 1964 Maserati 3500 GTI
Châssis : AM101.2838
Lancée en 1957 comme première Maserati de route produite en série, la 3500 GT doit son moteur six cylindres à double arbre à cames en tête à Giulio Alfieri, le père de la Birdcage, et ce moteur est un proche cousin de celui de la 250F. Cet exemplaire de 1964, habillé par Carrozzeria Touring de Milan, représente le sommet de l’évolution du modèle, avec sa boîte ZF à cinq rapports, ses freins à disque aux quatre roues et son rare différentiel autobloquant d’origine. Il est livré neuf en France via le distributeur Maserati Thepenier, à Paris, une commande d’abord passée par Pagnussat Chandet et Cie, à Monaco, comme l’attestent les documents d’origine. Argento Auteuil à l’origine avec un intérieur rouge, il arbore aujourd’hui un vert Verde Opale, une teinte du catalogue Maserati, avec un habitacle en cuir marron. Son numéro de châssis et celui de son moteur sont identiques. Entre 2020 et 2024, la voiture a fait l’objet d’une restauration complète, mécanique et esthétique : moteur et boîte déposés et révisés, caisse entièrement démontée, décapée et poncée, sans trace de rouille ni de corrosion de l’aluminium, sellerie et tapis refaits et système électrique contrôlé. L’injection Lucas a été remplacée par trois carburateurs Weber, plus faciles à entretenir. Une expertise de 2024 décrit l’ensemble comme en « très bon état ». Le dossier comprend le guide d’utilisation d’origine, le certificat Maserati Classiche, les factures et la carte grise française.
Estimée 120 000 - 150 000€ - Vendue 126 500€
LOT 151 | 2009 Bentley Brooklands
Châssis : SCBCC42M59CX14197
Dernier avatar des grands coupés Bentley construits à la main à Crewe, la Brooklands est animée par le V8 6,75 litres biturbo de 530 ch et 774 lb-ft de couple, associé à une boîte automatique à six rapports, pour une vitesse de pointe de 296 km/h. Sa production a pris fin en janvier 2010. Annoncée à 550 exemplaires, elle serait en réalité limitée à 426 voitures selon diverses sources non officielles. Cet exemplaire de 2009, présenté en blanc avec un intérieur cuir fauve contrastant, fait partie de la poignée de voitures commandées avec l’option rare des freins carbone-céramique, dont les disques avant de 420 mm de diamètre étaient alors les plus grands montés sur une voiture de série et coûtaient 14 000 £. Elle a pris part en 2023 au Zoute Rally avec son propriétaire actuel. Ses inspections ont toutes été réalisées dans le réseau Bentley à Berlin : une première en septembre 2020, à 8 302 km, avec une voiture jugée en excellent état et sans défaut mécanique, puis une seconde le 7 septembre 2026, chez Bentley Service Krauthahn, à 15 941 km, avec les mêmes conclusions. Une révision a suivi chez le même concessionnaire en septembre 2026.
Estimée 170 000 - 200 000€ / Vendue 180 550€
LOT 153 | 1961 Mercedes-Benz 300 SL Roadster
Châssis : 198.042.10.002873
Selon la Datenkarte, cet exemplaire est achevé à l’usine le 26 juillet 1961 et livré neuf en Allemagne. Il sort déjà dans la livrée qu’il porte aujourd’hui : blanc (code 050) avec intérieur cuir fauve (code 040), radio, antenne automatique, pneus à flancs blancs et sièges sport. Millésime 1961, il combine les freins à disque d’usine, généralisés en mars 1961, et le moteur à bloc en fonte, moins capricieux, soit la meilleure spécification possible pour un Roadster. Le 25 juin 1973, Mercedes-Benz remplace elle-même le moteur à sa succursale de Hambourg, à 66 569 km, par un bloc en fonte de numéro très proche de l’original, comme le consigne le carnet d’entretien. Elle est ensuite entièrement restaurée, démontée jusqu’au châssis et décapée à la tôle nue, par le spécialiste allemand Lars Rombelsheim, de LARO Sportwagen. Deux expertises officielles de 2012 et 2017 lui attribuent la note 1, la plus haute. Rachetée en 2005 par l’avant-dernier propriétaire, et déjà restaurée lorsque l’actuel l’achète en 2017, elle n’a eu, selon le catalogue, qu’un seul propriétaire avant eux, probablement un pilote de course Porsche réputé : c’est effectivement une voiture à trois propriétaires depuis l’origine. Elle est immatriculée en Allemagne.
Estimée 1 150 000 - 1 450 000€ / Vendue 1 265 000€
LOT 156 | 1971 De Tomaso Mangusta
Châssis : 8MA1200
Conçue par Giorgetto Giugiaro chez Ghia, la Mangusta est l’une des toutes premières supercars et a établi De Tomaso comme rival de Ferrari, Lamborghini et Maserati. Avec son V8 Ford qui hérite de celui de la GT40, ses portes de capot en « ailes de mouette » et sa vitesse de pointe d’environ 250 km/h, elle n’a été produite qu’à 401 exemplaires de 1967 à 1972, et seulement 250 environ subsisteraient dans le monde. Cet exemplaire est sorti de production le 28 février 1971 dans la spécification européenne à quatre phares fixes, la plus recherchée des collectionneurs, et vendu neuf en Italie, immatriculé à Rome sous le numéro P49701-Roma. Dans les années 2000, la maison Wingho Auto Classique, à Montréal, l’a entièrement restaurée, un travail largement salué par la communauté De Tomaso. Mise en vente en août 2005 au Québec, comme lauréate de concours « Best in Show », elle est exportée en Europe entre 2007 et 2010 et proposée aux Pays-Bas en 2010, puis à Techno-Classica Essen en 2011, vendue via Anamera en 2012 et proposée en 2016 par Thiesen Automobiles, en Allemagne. Un collectionneur bruxellois l’acquiert en janvier 2018. Moteur et boîte d’origine, intérieur d’origine en cuir : seules quelques modifications documentées améliorent la fiabilité, dont un allumage électronique et le renforcement de la traverse arrière.
Estimée 280 000 - 300 000€ / Invendue
LOT 160 | 1965 AC Cobra 289
Châssis : COB6047
Née de l’alliance entre Carroll Shelby, AC Cars et Ford, la Cobra associe le châssis léger de l’AC Ace à un V8 américain et en fait l’une des sportives les plus mythiques de son temps. Ce châssis COB6047, construit par AC à Thames Ditton, sort en conduite à droite, peint en Vineyard Green avec intérieur beige. Envoyé chez le concessionnaire H R Owen, à Kensington, il est vendu neuf le 7 juillet 1965 à J. A. « Derry » MacPherson et immatriculé EYT 78C à Londres. MacPherson l’emmène en Californie, puis sur la côte Est des États-Unis, avant de l’échanger contre une Porsche 914. La voiture passe ensuite entre les mains de nombreux propriétaires américains, de la Californie au Texas, à l’Oklahoma et au Colorado, l’un d’eux la repeignant en rouge, la transformant à la conduite à gauche et y ajoutant une bande blanche. Elle est vendue en 1987 puis rachetée par Bill Schenck, d’Arcadia, qui la conserve jusqu’en 2011, année où elle est cédée à un acquéreur français via Grand Prix Classics. Elle est désormais immatriculée en France. Elle a fait l’objet d’une restauration complète, mécanique et esthétique, qui lui a valu un essai dans le magazine Mustang & Shelby, et son moteur d’origine est conservé. Inscrite au Cobra Registry, elle est accompagnée de son dossier d’historique, d’un extrait du registre, de ses titres américain, britannique et français, de son cric, de sa roue de secours et de sa capote.
Estimée 700 000 - 900 000€ / Invendue
LOT 162 | 1988 Ferrari Testarossa
Châssis : ZFFAA17B000074977
Fleuron de Maranello lancé en 1984, la Testarossa reprend le moteur à plat de 5 litres de la 512 BB, porté à 380 ch grâce à ses culasses à quatre soupapes, pour une vitesse de pointe de 290 km/h. Son style signé Pininfarina, avec ses fameuses ouïes latérales, a fait d’elle l’une des supercars les plus reconnaissables de son époque. Cet exemplaire de 1988 est livré neuf en Italie à son premier propriétaire par la société Mondial Car s.r.l., le 2 mars 1988. Il est de type « monodado », une configuration d’origine prisée des collectionneurs, et sort d’usine en Rosso Corsa avec un intérieur cuir blanc, qu’il conserve aujourd’hui. Son moteur d’origine est toujours en place, et la voiture est désormais immatriculée en France. Son compteur affichait 56 879 km au moment de la rédaction du catalogue. Un détail de son histoire en fait une pièce un peu à part : son carnet de service d’origine porte la signature de l’ancien pilote de Formule 1 Jean Alesi. Elle est proposée avec sa carte grise française, un rapport d’expertise et ce carnet d’entretien d’origine.
Estimée 135 000 - 160 000€ / Invendue
LOT 163 | 1973 Lamborghini Jarama S
Châssis : 10486
Lancée au Salon de Genève en 1970 et baptisée du nom d’une région espagnole réputée pour ses taureaux de combat, la Jarama est la dernière Lamborghini à moteur avant. Dessinée chez Bertone par Marcello Gandini, le père de la Miura, elle abandonne le châssis tubulaire au profit d’une structure monocoque dérivée de l’Espada, mais plus courte, et se distingue par ses phares escamotables partiellement masqués par des caches électriques. La version S, apparue en 1972, reçoit un V12 de 365 ch et un habitacle nettement amélioré. Sur les 327 Jarama construites jusqu’en 1976, seules 150 ont été produites en version S. Cet exemplaire de 1973, que l’on croit livré neuf en France, est présenté dans une élégante teinte Tahiti Blue métallisé, avec un intérieur cuir beige. Selon le rapport d’expertise qui l’accompagne, la chaîne cinématique et l’habitacle ont été restaurés il y a quelques années. La voiture est immatriculée en France et accompagnée de sa carte grise et de ce rapport d’expertise.
Estimée 135 000 - 160 000€ / Invendue
LOT 164 | 1973 Maserati Bora 4.9L Coupé
Châssis : AM117/49*532
Vedette du Salon de Genève 1971, la Bora est la première Maserati à moteur central et à caisse monocoque. Elle est née de la rencontre de la carrosserie de Giorgetto Giugiaro chez Ital Design, du V8 quadri-arbres de la marque, de la boîte ZF à cinq rapports et d’une suspension signée Giulio Alfieri, l’un des pères de la 250F. Première Maserati de la nouvelle ère après le rachat de la marque par Citroën, elle en emprunte la technologie hydraulique pour régler les sièges et les pédales, relever les phares et assister des freins excellents. Sur les 564 Bora construites jusqu’en 1979, 235 seulement ont reçu le V8 de 4,9 litres, plus rapide que le 4,7 litres initial. Cet exemplaire de 1973 est livré neuf à la concession Maserati de Los Angeles, aux États-Unis. Il est aujourd’hui rouge, alors qu’il était à l’origine Verde Pino, avec un intérieur cuir blanc. Il est désormais immatriculé en France et se présente avec sa carte grise française, un rapport d’expertise, une copie du carnet d’entretien et le certificat Maserati Classiche décrivant ses caractéristiques techniques et esthétiques.
Estimée 120 000 - 150 000€ / Invendue
Plus d’informations sur le site internet de Bonhams.
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